Promotion 1963

Les examens d’entrée pour la 77e promotion ont lieu du 23 au 26 octobre 1962. A l’issue de l’oral qui se déroule du 18 février au 9 mars 1963, la promotion entre à l’École supérieure de guerre le 29 mai 1963.


Elle comprend :


- 53 officiers français reçus par concours,

- 3 officiers français désignés sur titre,

- 13 officiers français brevetés techniques,

- 25 officiers étrangers.


Après le 1er cycle d’études qui se termine en décembre 1963, la promotion entame le 3 janvier 1964 le 2e cycle (nucléaire). Elle suit le stage du cours supérieur interarmées du 2 septembre 1964 au 16 janvier 1965 puis débute le 3e cycle qui s’achève par un voyage d’études en Italie du 12 au 23 mai 1965.


Au cours de celui-ci, les stagiaires effectuent une reconnaissance de la partie centrale de l’arc alpin, de la plaine du Pô et de la région septentrionale des Apennins. Le voyage permet également aux stagiaires de prendre contact avec l’armée italienne, d’acquérir une information sur l’essor industriel de l’Italie du Nord et sur les problèmes économiques auxquels elle est confrontée.


Au retour, les impressions de voyage donnent lieu à une page d’humour « stagiaire » :


« Nous avons eu la bonne fortune de pouvoir envoyer, le dimanche 23 mai au matin, un reporter à l'arrivée de la 77e promotion en gare de Lyon, rentrant de voyage en Italie. Nous vous donnons ci-après la sténographie de son entrevue avec quelques-uns de nos camarades.


- Mon Commandant, qu'est-ce qui vous ale plus frappé en Italie?


- C'est, sans conteste, le fait que nous avons été répartis en quatre cars, alors que jusqu'à présent il ressortait nettement des propos tenus par nos cadres que nous étions classés en trois tiers. Il est certain que cela pose un problème mathématique difficile, mais certains camarades, sachant par l'amphi-confesse de fin de cycle qu'ils étaient premiers tiers, et se voyant dans le deuxième car, ont cru pouvoir en déduire, avec une faible marge d'erreur, leur classement exact...


Ici est intervenu un autre commandant, manifestement habitué à jongler avec la logistique:


- En tout cas, l'organisation du convoi fut remarquable. C'est ainsi qu'on a placé le car haut-le-pied en tête, ce qui évitait tout retard, au cas où l'un des autres tombait en panne, améliorant ainsi généreusement la moyenne horaire qui est, comme chacun sait, l'objectif de tout déplacement automobile de l'homme du XXe siècle.


- Et vous, mon commandant? (à un alpin).


- J'ai été très heureux de m'initier à la guerre de montagne, et d'apprendre ainsi, dans une conférence d'histoire que l'usage, chez les Alpini, était de donner l'assaut avec des cordes et beaucoup de difficultés, alors que chez nous l'usage est de ne se munir que des premières, les secondes venant par surcroît.


- Et vous, mon commandant? (à un para).


- L'école parachutiste de Pise nous a fait une présentation excellente de son entraînement. Nous avons en particulier admiré les moniteurs, sautant de dix mètres sur un matelas tenu par leurs élèves. Nous suggérons une présentation semblable lorsque des hôtes de marque visitent l'Ecole de guerre, à un détail près qui nous paraît important. Les stagiaires tenant le matelas ne doivent pas appartenir à la même arme que l'instructeur qui sautera. Ainsi, un éventuel écart ne pourra pas être attribué à un mesquin souci d'avancement, mais bien à...


La fin de ce propos hardiment novateur s'est perdue dans le brouhaha, car chacun voulait se faire entendre, qui pour vanter la très belle démonstration des Alpini dans leur palestre alpine naturelle, qui pour célébrer l'accueil sympathique reçu partout de nos camarades italiens et la feriiieté avec laquelle leurs carabiniers font franchir les feux rouges aux hôtes de marque, qui pour évoquer la douceur qu'il y a à parcourir les canaux de Venise en gondole, la main dans la main avec un vieux copain, la beauté des musées de Florence ou l'effet cumulatif des escaliers de la tour de Pise et d'un cocktail offert par les paras...


La place nous manque pour rapporter ici tous ces récits... »


Les officiers de la 77e promotion quittent l’École supérieure de guerre le 26 mai 1965 après une courte cérémonie au cours de laquelle le général Béranger remet leurs médailles et leur brevet de l'enseignement militaire supérieur aux officiers stagiaires français et étrangers, puis prononce le discours de clôture.


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