LA FORMATION D'ETAT-MAJOR PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE



Comme lors de la 1re Guerre mondiale, l'enseignement de l’École supérieure de guerre est interrompu au moment de la déclaration de la Seconde.

Les stages d'état-major pendant la Drôle de guerre

Les stages organisés à l’École supérieure de guerre à Paris


Un cours particulier d'état-major est organisé à l’École supérieure de guerre, du 11 septembre au 17 octobre 1939, au profit de certains des officiers admis en 1939, dont la scolarité, prévue à partir du 1er novembre, vient d’être annulée.


Afin de poursuivre la formation d’officiers d’état-major, un second cours est mis sur pied, du 20 novembre 1939 au 20 février 1940, à l’École supérieure de guerre, au profit de 75 officiers stagiaires dont quelques réservistes. Il est dirigé par le colonel CURNIER, avec pour adjoint le lieutenant-colonel AZAÏS.


Le centre d'instruction d'état-major de Compiègne


Un troisième stage, établi à Compiègne, débute le 18 mars 1940 sous la dénomination de centre d'instruction d'état-major ; il compte 144 officiers dont un tiers de réservistes et 14 officiers polonais dont 2 instructeurs. Les officiers d'active ont pour la plupart été admissibles en 1938 ou 1939 au concours de l’École supérieure de guerre ; les officiers de réserve sont en phase initiale de formation d’officier de réserve du service d’état-major. Le directeur est le lieutenant-colonel AZAÏS.


Lors de l'attaque allemande du 10 au 19 mai, les stagiaires subissent les bombardements croissants qui affectent la ville. Devant l’aggravation de la situation, plus particulièrement à partir du 14 mai, ils sont chargés de missions très diverses :


- Poste de liaison du Grand quartier général nord-est et contacts avec les grandes unités ;

- Equipes de garde, de surveillance et de régulation à tous les accès de la ville ;

- Organisation et encadrement de zones de regroupement pour les unités qui ont été bousculées sur la Meuse ;

- Préparation de la destruction éventuelle des ponts de l'Oise à Compiègne et de l'Aisne depuis Soissons jusqu’à Compiègne (14 au 17 mai).


Le dimanche 19 mai au matin, le chef du 3e bureau du GQG nord-est met fin aux missions exceptionnelles du centre d'instruction dont les personnels administratifs rejoignent l'École militaire tandis que les stagiaires et professeurs sont dirigés vers La Ferté-sous-Jouarre où ils reçoivent une nouvelle affectation.


Un article du colonel ROBERT détaille les missions imprévues du centre d'instruction d'état-major du 18 mars au 19 mai 1940. 

La formation d'état-major dans l'armée d'armistice

Après l’Armistice, des expériences sont menées dans la clandestinité en particulier à Lyon, sous les ordres du général Baures, parallèlement au cours de vérification d’aptitude technique (CVAT) installé à Royat.


Le lieutenant-colonel CHOMEL, chef du 3e bureau du 1er groupe de divisions militaires, dirige à Avignon un cours d’état-major clandestin, camouflé sous un cours de transmissions donné dans les locaux de l’école du génie. Les travaux pratiques ont lieu sur le terrain où stagiaires et professeurs se rendent à bicyclette.


L’année 1942 voit l’organisation de cours d’état-major en Afrique du Nord, à Tunis, Alger et Rabat.


Du 10 octobre au 1er juin 1943, un cours est également organisé en Indochine.

Le Centre de formation des officiers d'état-major (CFOEM)

En juin 1943, une organisation permanente au profit de l'armée française reconstituée est créée à Rabat sous le nom de Centre de formation des officiers d’état-major (CFOEM).


Le CFOEM rejoint Paris dès décembre 1944 et s'installe à l'École militaire.

Il instruit sept promotions de six mois chacune jusqu’au 12 août 1946 et sa filiation est arrêtée de la manière suivante :


- 1re promotion : CVAT de 1942

- 2e promotion : 15 juillet 1943 au 15 janvier 1944 (à Rabat)

- 3e promotion : 5 janvier au 11 juillet 1944

- 4e promotion : 3 juillet au 15 novembre 1944

- 5e promotion : 14 décembre 1944 au 20 mai 1945

- 6e promotion : 8 mai au 16 novembre 1945 (avec des stagiaires étrangers)

- 7e promotion : 7 novembre 1945 au 12 août 1946 (reprise du cycle du temps de paix).


La conjonction de l’enseignement d’état-major dispensé dans les conditions précaires pendant la guerre et des idées personnelles du général de Lattre, chef d’état-major général de l'immédiat après-guerre et réorganisateur des forces armées, en matière de formation des cadres débouche sur une nouvelle conception de l’enseignement militaire supérieur avec la création de l'École supérieure des forces armées.


Dans celle-ci, l’École supérieure de guerre qui rouvre ses portes en novembre 1947, et le CFOEM, qui devient l'École d’état-major par décision du 13 février 1947, occupent chacun une place spécifique.


La huitième promotion du CFOEM devient ainsi la première promotion de l'École d’état-major.